 « ... Ce spectacle est unique, original, inventif, précis, drôle, émouvant. (...) De la pure poésie, une vraie recherche plastique, une infinie précision dans le geste et la mise en scène de Hugues Roche. On nous raconte « La tentation de Saint Antoine ». Point ici de littérature ou de métaphysique. Des images. Un théâtre dimages, dobjets et de marionnettes. Limaginaire seul est sollicité. Constamment sollicité. Un théâtre ludique comme rarement. De la beauté pure, parfois. Une délicatesse, une habileté, une technicité dans lutilisation de la marionnette, du papier : Danièle Virlouvet, Claire Vialon, Patrick Bruneteau. » Jean-Michel Bertin Le Courrier de lOuest 1990 « Cest fou ce que la compagnie Le Coq à lAne et les Matapeste peuvent faire avec des éclairages et du papier. Sur scène, silence et obscurité. Au dessus dun faux bloc de pierre, noir et lisse, trône un pliage en papier argenté. Tel le soleil levant, la lumière y sculpte les aspérités dun village. En dessous, la roche sest fissurée. Comme tentées par la béance, trois personnes sapprochent dans lombre. Lune delle saisit la construction de papier ; en jouant comme dun accordéon, elle démantèle le village et se drape derrière limmense feuille dargent ainsi déployée. Les deux autres marionnettistes ont creusé le précipice dans la montagne. Ils couchent les deux blocs de pierre tandis que savance limmense silhouette miroitante. Cette dominante armure, les marionnettistes la saisissent, la déchirent... tant et tant quAntoine sera bientôt réduit à un tout petit bonhomme de papier froissé. Manipulé à vue, il incline la tête puis sélance dun pas souple vers sa destinée. Sous les mains expertes, le papier se plie à dincroyables rendus de gestes ; un comble : on différencie même les pas à reculons des pas en avant. Le plus déroutant cest la simplicité avec laquelle le spectateur suit cette histoire, bruissante mais quasiment sans paroles. Il faut dire quau cur des pliures, la symbolique est forte. On comprend quAntoine se sent lâme déchirée quand le marionnettiste déchire de sa silhouette un fragment de papier. Un sobre spectacle, très étonnant. Laure Bernard Le Figaro 1991 « (...) Celle de Saint Antoine, montée par les Matapeste et le Coq à lAne, vaut par contre, sans aucune réserve, le détour. lhabileté et linventivité avec lesquelles différents types de papier sont chiffonnées puis manipulés valent bien la damnation dun saint. Ici tout est au diapason : la dramaturgie, léclairage, le travail vocal, visuel sur les perspectives et les proportions. A défaut dentendre la musique des sphères, le public peut se croire, lui aussi, en proie à des hallucinations qui le remplissent daise ou deffroi. Non, la marionnette nest pas uniquement un « art mineur », « pour les gosses » ! » Floriane Gaber et Michel Delon LAvant-Scène 1993 Saint-Antoine est toujours en terre hispanique Le spectacle montre (...) que la parole nest pas toujours nécessaire à la compréhension entre les êtres. Cest pourquoi « La Tentation de Saint-Antoine » sévertue à véhiculer les émotions, les plaisirs esthétiques mêlés à une réflexion et à une ouverture importante sur limaginaire. Aussi le spectacle peut-il être apprécié à sa juste valeur dans les pays étrangers. » |